François-Pierre Gaudart

François-Pierre Gaudart , né le 23 octobre 1732 à Paris et mort le 25 septembre 1809 à Karikal (Inde française), fut un officier puis agent de la Compagnie des Indes, négociant et lieutenant civil aux Indes françaises.

 

Famille

François-Pierre Gaudart, né le 23 octobre 1732 à Paris, en la paroisse Saint-Jacques du Haut-Pas, est le fils de Louis-François Gaudart (1700-1738), maître maçon et entrepreneur de bâtiments, bourgeois de Paris et de Marie-Marguerite Adnot.

Il appartient à une famille d'ancienne bourgeoisie parisienne issue de Pierre Gaudart, maître drapier, père de Claude Gaudart (1671-1741), qui se fixe à Paris comme maître maçon et entrepreneur de bâtiments1,2.

Il reçoit une solide instruction, étant destiné, par ses parents à la carrière ecclésiastique, mais son père meurt en 1738, laissant trois fils que leur mère élèvera seule. Le 19 août 1752, il est émancipé avec ses deux frères, six jours après le décès de leur mère.

Le 23 novembre 1752, il reçoit les ordres mineurs et la tonsure des mains de Monseigneur Christophe de Beaumont, archevêque de Paris. Clerc tonsuré, il est dit abbé du diocèse de Paris, attaché à la paroisse Saint-Eustache.

 

Départ aux Indes

À la suite d'une « affaire d’honneur », il s’engage à Lorient sous un faux nom dans les troupes de la Compagnie des Indes et débarque en 1753 à Pondichéry où il reçoit alors une paie de sergent major avec promesse d’un brevet de sous-lieutenant.

Carrière militaire

En 1756, devenu officier, il participe au détachement expédié au secours du général de Bussy qui combat la révolte du nizâm d’Hyderabad, le nabab Salabat Jang (1718-1763), souverain du Deccan. Le 14 août1756, à la veille de l’entrée des Français à Hyderabad, il est blessé à la cuisse gauche et doit être amputé un an après. Il décide alors de s’établir définitivement aux Indes, « puisqu’il a déjà un pied dans la tombe ». Il s'installe à Mazulipatam et s’occupe, dès 1758, de tutelles judiciaires.

Mariage

Le 13 novembre 1790, il épouse au au cours d’une cérémonie religieuse hindoue à Négapatam, près de Karikal, Antoinette-Madhûra Nayagar. De ce mariage naitront six enfants :

  • Joachim (né en 1791), outre le français qui est sa langue maternelle, il apprend l’anglais, le sanscrit, tamoul et les langues télougou et persane. Traducteur de la langue tamoule près de la cour de justice de Trichinopoly en mars 1810, puis prévôt (magistrat) par intérim de cette province, il est ensuite placé comme interprète et traducteur, mais malade, il donne sa démission. Traducteur des langues indiennes de la cour supérieure et provinciale d’appel et de justice criminelle de Trichinopoly, de mai 1815 à novembre 1816, il sera chef interprète et traducteur juré du gouvernement britannique à Penang, Singapour et Malacca en 1829. Marié, il aura une fille née en 1837 à Penang.

  • Marie Eudoxie (1799-1816), sans postérité connue.

  • Gaspard (1799-1848) jumeau de Marie-Eudoxie, sans postérité connue.

  • Balthazar (1804), sans postérité connue.

  • Melchior (1805-1818)

  • Pierre Eustache (1809-1872), premier commis greffier assermenté près le tribunal d’instance de Karikal, puis conseil européen près le tribunal de première instance de Karikal en 1842, enfin conseil commissionné, conseil agréé près les tribunaux de Karikal, il finit doyen des conseils agréés. Marié le 2 février 1835, à la paroisse Notre-Dame du Rosaire de Tranquebar à Elizabeth Théodora dite Lize Jude, fille de Pierre Léandre Jude, capitaine de marine marchande et de Maria von Lichtenstein, il sera le père de six enfants. En 1845, il est membre de l’assemblée des notables électeurs de Karikal. Propriétaire de terres et d’une maison à Karikal, il y décèdera le 3 mai 1872 et sera inhumé le lendemain, après une cérémonie religieuse catholique, au cimetière catholique des Français de Karikal.

 

 

Agent de la Compagnie des Indes

Le 20 avril 1765, il est nommé agent de la Compagnie des Indes. Il y gravit plusieurs échelons : sous-commis, commis de second ordre et responsable de la caisse (1767) sous-garde des magasins et marchandises de l’Inde et sous-inspecteur de la visite à Pondichéry (1770), garde-magasin des effets de l’Inde en (1773), commis de premier ordre, garde-magasin des marchandises de l’Inde ([1774), En 1775, Il termine sa carrière comme responsable de tous les magasins et entrepôts et chef de visite de toutes les cargaisons de la Compagnie des Indes pour l’Europe.

Son engagement à la Compagnie des Indes ne l’empêche pas d’exercer comme fondé de procuration, subrogé-tuteur, tuteur onéraire, mandataire, exécuteur testamentaire, liquidateur de succession, syndic de créanciers, curateur aux biens vacants, chargé de gestion judiciaire, rendant des sentences arbitrales, etc.

Il est franc-maçon, signataire le 20 avril 1771, des nouveaux règlements de la loge catholique de Pondichéry.

Il est alors propriétaire d’un maison rue de la monnaie à Pondichéry, et d’une maison de campagne, au sud de Pondichéry, à Virampatnam.

 

Négociant

À la suite de la suppression de la Compagnie des Indes, François-Pierre Gaudart s’installe à son propre compte comme négociant-armateur en 1775. Le 12 avril 1777, a lieu le naufrage du vaisseau Le duc de Duras dont il est l’un des armateurs; il obtient une part de la cargaison qui est sauvée. Il arme ensuite un navire mais il est ruiné par la capture de celui-ci par un armateur anglais en 1778.

Lieutenant de police et lieutenant civil

Le 15 mars 1782, il reçoit un brevet de sous-lieutenant de cipahis à Porto-Novo, une une commission de lieutenant de police et lieutenant civil de la ville de Gondelour et de ses dépendances le 22 avril 1782. Début 1785, il donne sa démission de sa charge, à la suite d'une accusation de fraude de la part de Nicolas Coutanceau des Algrains, nouveau gouverneur général de Pondichéry.

Ruine et fin de vie

En 1787, il est déclaré en faillite et la cour ordonne la saisie et la vente de ses biens.

le 15 décembre 1797, il est nommé par les anglais médecin de la prison de Karikal, mais accusé « d’intelligence avec les prisonniers français et d’incitation à la révolte contre l’occupant britannique, il est incarcéré à son tour à Négapatnam.

Par manque de ressources, les dernières années de son existence lui sont des plus pénibles. Il meurt à Karikal le 25 septembre 1809 et y est inhumé le même jour dans le cimetière catholique.

Il étudia la médecine traditionnelle Ayurveda qui utilise l’alchimie végétale et minérale et le yoga et pratiqua la médecine dont il s’était acquis quelques connaissances au cours de ses études en France, en faveur de son entourage et des pauvres. Il rédigea, en 1800, un livre intitulé Institutions, mœurs et religion des gentils anciens et modernes et deux livres sur la pharmacopée indienne.


Notes et références